Une remise en cause du paradigme existant sous l’effet de REACH : une marche forcée vers la « chimie verte »

Une enquête d’envoyé spécial diffusée en 2005 sur France 2, au sujet des dangers des produits cosmétiques, a fait grand bruit en pointant du doigt les effets que peuvent provoquer certaines substances utilisées dans les cosmétiques, notamment les conservateurs ou plus précisément les parabènes. Ce reportage aborde l’étude de P Darbre[1] soulevant un possible lien entre parabènes contenus dans les produits cosmétiques et cancer du sein. Le secteur des cosmétiques est très règlementé et on le comprend bien dans la mesure où il touche au corps et à la santé. Plusieurs règlementations existent déjà afin de lui donner un cadre normatif. Cependant, la règlementation REACH (acronyme anglais pour Registration : enregistrement, Evaluation : évaluation, Autorisation : autorisation, Restriction of Chemicals : restriction de produits chimiques) entrée en vigueur en 2007, présente un caractère novateur et ce à plusieurs niveaux.

La règlementation REACH qui encadre l’utilisation et la production de substances chimiques en général aura forcément un intérêt dans notre analyse, puisqu’elle prend effet dans le secteur des cosmétiques. Néanmoins, ses effets sur l’innovation, la croissance ou encore sur des potentiels changements dans l’industrie des cosmétiques restent difficiles à évaluer. On connaît aujourd’hui les difficultés pour appréhender l’innovation et la R&D répertoriées dans les manuels de l’OCDE (manuel d’Oslo pour l’innovation et le manuel de Frascati pour la R&D). Nous nous attèlerons néanmoins à cette laborieuse tâche avec les données récoltées sur les brevets et dans la mesure de nos moyens. Nous garderons à l’esprit que nos interprétations peuvent largement être remises en cause car les méthodes de mesures de l’innovation, de la connaissance demeurent largement imparfaites.

On essayera de savoir si d’un paradigme pétrochimique, l’industrie cosmétique s’oriente ou pas vers un paradigme basé sur la chimie verte ou chimie du végétale ? On mobilisera des données empiriques sur les brevets afin d’essayer de tirer des conclusions sur les tendances de marché de la cosmétique en Europe et de caractériser le processus d’innovation qui est en marche dans celui-ci.

Les caractéristiques du nouveau paradigme cosmétique : des innovations radicales ?

Maintenant que j’ai posé les bases de la chimie verte, nous allons voir comment cette activité peut révolutionner et impacter l’industrie des cosmétiques.  Nous essaierons également de voir sur quoi repose ce paradigme de la chimie verte. Encore une fois, nous travaillons sur l’industrie des cosmétiques où des facteurs de la « Technology push » et de la « Demand pull » interviennent dans le processus d’innovation et de changement technologique.

« Technology push »:

L’innovation au cœur du paradigme vert

            Il existe aujourd’hui un fort engouement pour la chimie verte. On le voit par exemple avec les activités de R&D qui s’accélèrent dans le domaine et l’accroissement de la part du personnel assignée à cette activité (intrant de la R&D) en général. Les enjeux soulevés par cette récente activité :

  • élargir la gamme des produits issus de ces nouvelles ressources ou matières premières naturelles (produits dits biosourcés) ;
  • améliorer le bilan énergétique, environnemental et la productivité de la filière (utiliser moins de matière pour produire);
  • réduire les coûts, notamment par une diversification des ressources et une valorisation des co-produits et déchets.

Le gouvernement français a décidé d’intensifier la R&D dans le domaine de la chimie verte, notamment dans le cadre du programme Investissements d’Avenir. L’objectif est de mettre sur pied en France, à l’horizon 2015-2020, une filière de fabrication de produits biosourcés qui soit compétitive à l’international. Les ventes de ce type de produit augmentent même si leur part de marché demeure encore limitée. Ce qui saute aux yeux dans les enjeux de cette nouvelle chimie c’est l’aspect écologique qui va de pair avec une préoccupation sanitaire, avec l’utilisation de matières premières naturelles, la maîtrise de l’énergie ainsi que la prise en compte sérieuse du problème des déchets. Ces enjeux ainsi soulevés nous amènent à nous focaliser sur les innovations allant dans ce sens dans l’industrie cosmétique.

Les biotechnologies : une source puissante d’innovation

Un nouveau type de technologies, qui s’impose comme une alternative à la chimie du pétrole et découle de la chimie verte, est constamment mis sur le devant de la scène : il s’agit des biotechnologies. L’OCDE définit la biotechnologie comme « l’application des principes scientifiques et de l’ingénierie à la transformation de matériaux par des agents biologiques pour produire des biens et services ». Les biotechnologies permettent de s’affranchir du pétrole, en prélevant dans les organismes vivants des substances actives efficaces et naturelles. Cette activité mêle en fait la biologie et différents domaines technologiques : la biochimie, la génétique, la biophysique. Les biotechnologies permettent aujourd’hui de révolutionner de nombreuses activités dont les cosmétiques. On peut affirmer que cette activité est le fruit de la recherche fondamentale et donc que sa diffusion permet d’accroître fortement le bien-être social. Cela est vrai dans la mesure où la biotechnologie trouve des applications dans divers domaines.

D’ailleurs, le salon « in-cosmetics » qui s’est déroulé à Hambourg début avril a rassemblé de nombreux acteurs de la cosmétique engagés dans les biotechnologies. On peut illustrer cela, avec l’exemple d’une firme française Greentech basée près de Clermont-Ferrand. Celle-ci y a présenté deux nouvelles catégories d’ingrédients obtenus grâce à la biotechnologie dont une gamme de Beurres tendres, les « GreenSofts ». Ceux-ci possèdent des capacités d’auto-émulsion et procurent une texture agréable au toucher.

On comprend avec cet exemple, que la biotechnologie se manifeste comme une chimie d’un nouveau genre, voire même comme une innovation majeure qui peut déboucher sur d’autres innovations (nouvelles substances actives). On se doute bien qu’elle doit faire l’objet d’une R&D importante. Aussi, dans la mesure où les innovations dans ce domaine sont techniques, l’appropriation se fait beaucoup grâce aux brevets. On le comprend aisément puisque les coûts de R&D sont énormes et la mise en application des procédés au niveau industriel coûte également chère.

Intéressons-nous maintenant, afin de mesurer l’impact des biotechnologies en UE, au nombre de brevets dans le domaine biotechnologique dans le total des brevets déposés entre 2004 et 2013.

Premièrement, on peut dire que la part des brevets issus des biotechnologies semble relativement faible mais non négligeable : 2004 5,1% du total, en 2009 4,7%  et en 2013 3,2%. Cependant, si on se réfère aux données en valeur absolue, on voit quand même que le nombre de brevets dans ce domaine est élevé sur la période.

Des innovations de produits

Comme nous l’avons vu, le paradigme vert est traversé par de nombreuses « innovations », qui le structurent : notamment la chimie verte et le processus de catalyse, les biotechnologies ainsi que des alternatives bios aux parabènes dans la conservation des cosmétiques. Ces éléments mis en commun débouchent nécessairement sur des applications innovantes, sur des innovations de produits. Attention, encore une fois il est difficile de voir ce qui relève vraiment d’une innovation, si le caractère novateur, non trivial est effectivement présent.

« Demand pull »:

 Une forte conscience environnementale : une montée du bio

Aujourd’hui, il est impossible de passer à côté de la tendance bio dans l’agroalimentaire, les produits d’entretien mais aussi dans les cosmétiques. S’il existe bien une définition d’un cosmétique donnée par le Code de la Santé Publique, on ne peut pas en dire autant d’un cosmétique bio. En effet, il n’existe aucune définition légale d’un produit cosmétique bio, ce qui pose un certain nombre de problème. Néanmoins, l’existence de labels permet de poser quelques règles via leurs cahiers des charges. Encore une fois, l’existence d’une pluralité de labels fait débat. Pourquoi maintenir plusieurs labels alors qu’un seul suffirait et permettrait d’y voir plus clair ? Cependant, même s’il n’y a pas de règles absolues concernant le pourcentage de produits bios dans un cosmétique de ce genre, des organismes de certifications veillent au respect de certains grands principes : l’absence de certaines substances jugées nocives (conservateurs de synthèse), l’utilisation d’emballage recyclable, l’absence de test sur les animaux. Pour donner un exemple Ecocert, qui demeure l’un des organismes de contrôle et de certification les plus connus, veille à plusieurs principes afin de garantir des produits respectueux de l’environnement et de la santé.

A travers ces 3 principes d’Ecocert, on observe une réelle tentative de solutionner les problèmes posés par les cosmétiques conventionnelles du paradigme pétrochimique. On tente avec le bio de proposer des produits, plus sûrs (suivant le principe de précaution) pour l’organisme et dépourvus de substances décriées par l’opinion publique. De la même façon, l’absence de ces substances aura nécessairement un impact positif sur l’environnement. De plus, des obligations au niveau des doses en ingrédients naturels sont imposées afin de limiter les « abus marketing ». Enfin, on peut également voir qu’il y a un accompagnement dans le processus de certification avec des audits effectués tous les ans.

A partir de ce constat, on peut essayer de voir grâce aux données empiriques disponibles l’évolution du marché bio dans les cosmétiques en Europe. En effet, même si cette tendance verte semble évidente et assez diffusée regardons si les données chiffrées (empiriques) corroborent nos suppositions. Pour cela, nous allons mobiliser des données sur les brevets afin de tenter de cerner la dynamique d’innovation dans la cosmétique bio et dans les cosmétiques en général, afin d’en faire une comparaison. En effet, entrer par l’innovation permet de montrer le dynamisme d’une industrie. Le nombre de de dépôt de brevets peut témoigner d’une dynamique vive d’innovation ou bien de stratégies de la part des acteurs de l’entreprise. Néanmoins, d’une manière ou d’une autre, une tendance de dépôt de brevet à la hausse témoigne de perturbations sur un marché (fort dynamisme, concurrence accrue, stratégie des firmes pour bloquer la concurrence).

En 2004, la part des brevets de la cosmétique bio dans le total (tous les brevets cosmétiques confondus) représentait 15,5%, ce qui est énorme. Par la suite le nombre de brevets dans les cosmétiques bios diminue suivant cependant la même tendance que le dépôt de brevet dans l’ensemble du secteur cosmétique. Au niveau des brevets, on peut voir que le bio ne s’apparente plus seulement à un marché de niche puisqu’il fait l’objet d’innovations et donc d’une R&D non négligeable.

 L’impact du marketing

Nous nous situons toujours dans l’industrie des cosmétiques, qui malgré des bouleversements notables, demeure une industrie basée sur l’image. Le marketing tient toujours une place de choix même dans ce paradigme de la chimie verte. Néanmoins, on peut penser que le marketing portera sur d’autres facteurs plus tournés vers le naturel, les substances utilisées, les labels. En effet, ce que l’on peut noter c’est les changements opérés dans les stratégies marketing.

Les consommateurs exigent plus de transparence concernant les produits qu’ils utilisent et pas juste au niveau de leur composition. Le consommateur d’aujourd’hui souvent plus sensibilisé aux problèmes environnementaux demande également plus d’informations annexes sur la provenance des matières utilisées par exemple, sur l’impact de la production du produit sur l’environnement (bilan carbone).

L’Oréal oriente de la même façon son marketing vers plus de transparence au niveau environnemental, sur par exemple la quantité de déchets générés. Le groupe français utilise le facteur E visant à calculer la quantité de déchets générés par rapport à la quantité de produit formé. Il prend en compte aussi le pourcentage de carbone renouvelable dans la formulation finale. On voit donc que la demande des consommateurs pour plus de transparence dans les cosmétiques (composition et impact sur la santé et l’environnement) tend à évoluer. Le marketing se focalise aujourd’hui plus sur des éléments jusqu’alors absents dans le paradigme pétrochimique.

 Une règlementation de plus en plus stricte

La règlementation REACH de 2007 présente un caractère novateur par rapport à d’autres réglementations cosmétiques. En effet, celle-ci pousse à l’innovation (remplacement des substances les plus dangereuses), à une amélioration de l’information et à la responsabilisation des acteurs de la filière cosmétique. On peut aisément voir que cette règlementation accompagne la vague de remise en cause du paradigme pétrochimique.

Malgré son immobilité face à la controverse des parabènes, elle impose un principe de précaution en obligeant un acteur voulant utiliser ou commercialiser une substance à montrer qu’il en maîtrise parfaitement les risques. La règlementation allant dans le sens d’un durcissement, les firmes de l’industrie cosmétique se voient « menacées » dans leur processus d’innovation. Bien évidemment, plus une règlementation évolue rapidement et plus le marché sous-jacent sera instable, car il dépendra de ces nouvelles règles ou interdictions. On peut rajouter que l’évolution d’une réglementation dépend de l’état de la science qui oriente l’opinion publique et par la suite les consommateurs. A l’heure actuelle, nous sommes engagés dans l’économie de la connaissance où la place de la science et des savoirs est primordiale. Il faut ajouter à cela l’omniprésence des TIC (technologie de l’information de la communication) et la puissance des médias qui peuvent relayer l’information de manière instantanée.

Une règlementation vise à protéger les consommateurs dans ce cas présent, mais son évolution nécessite le concours de plusieurs facteurs que nous avons énoncés. La science permet de mettre en évidence un potentiel problème, les TIC (médias) se chargent de diffuser l’information. Enfin les consommateurs se charge de faire bouger les choses, en sanctionnant le marché par exemple. Ce n’est qu’après tout ce cheminement de l’information qu’une règlementation pourra être modifiée. On voit encore une fois l’importance de la « Demand pull » jusque dans le processus de changement de la règlementation.

Pour clore, on peut dire clairement que le paysage de l’industrie cosmétique tend à changer. Nous sommes bien loin de l’époque où les seules cosmétiques conventionnelles régnaient en maître. Aujourd’hui, toujours plus innovants et efficaces, les produits cosmétiques se déclinent à l’infini. La tendance verte ou bio est très visible, comme en témoigne les étals des magasins. Cette nouvelle tendance de marché s’adapte parfaitement au climat ambiant poussé vers le développement durable, le respect de l’environnement et de la santé. Après avoir montré les éléments sur lesquels le paradigme de la chimie verte repose, intéressons-nous aux inerties, qui pourraient mettre en péril sa mise en place.

Les inerties pesant sur ce mouvement

On a vu les différents éléments qui jouent en faveur d’un paradigme de la chimie verte, qui peut être mieux adapté à la conjoncture actuelle. Néanmoins, comme souvent un changement radical est toujours difficile à faire admettre. Intéressons-nous alors aux éléments qui pourraient entraver sa diffusion.

La puissance des lobbys

Tout d’abord, nous savons tous que l’industrie même si elle se doit de répondre aux besoins des consommateurs, est également influencée très fortement par les lobbys. Ces lobbys sont souvent formés par les grands groupes industriels qui bloquent parfois le « progrès ». Ces groupes de pression possèdent des liens étroits avec les politiques donc ils peuvent facilement bloquer des réformes ou faire entendre facilement leurs revendications. On peut noter que les grands groupes cosmétiques peuvent à la fois s’opposer à des réformes (ex : loi Lachaud) et plus ou moins s’adapter à des évolutions de marché.

Les difficultés technologiques ou techniques

Les firmes ont parfois du mal à se défaire de leurs habitudes. Elles sont en quelques sortes encastrées dans des routines anciennes mal adaptées aux changements inhérents à un marché. On parle alors de verrouillage technologique. En effet, si des firmes ont eu l’habitude de travailler avec des substances issues de la pétrochimie, elles devront se réadapter à de nouvelles substances, à de nouveaux procédés. L’apprentissage ainsi que la maîtrise de nouveaux outils prend du temps et coûte généralement cher.

Au-delà de ces problèmes de verrouillage technologique, se lancer dans un nouveau paradigme nécessite idéalement de repenser tout son système d’organisation. Par exemple la tendance verte s’applique non seulement au produit lui-même, mais également à tout ce qui entoure sa fabrication. L’industrie doit repenser les matières premières utilisées, le système de distribution (transports « verts »), l’emballage. Tout cela, mène à l’empilement de problèmes techniques. Pour les cosmétiques, l’exigence porte sur l’efficacité et l’innocuité des produits mais aussi sur une prise en compte de l’impact de ce produit sur l’environnement. Les emballages doivent être recyclables ou biodégradables.

Par exemple, Aveda pour son rouge à lèvre «Uruku » utilise des emballages fait de pâte moulée formée à 100 % à de papier recyclé. Ici, nous voyons la complexité que nécessite-la mise en place de produits « vraiment bios ». Le changement, l’innovation doit se faire sur le produit, le packaging et l’organisation tout entière de l’industrie ou de la firme.

Nous pouvons ajouter à cela des difficultés dans la formulation de nouvelles substances de remplacement. En effet, des nouvelles substances sensées remplacer des substances nocives peuvent s’avérer pires que les anciennes (ex : remise en cause du méthylisothiazolinone). De plus, la constatation de ces effets nocifs peuvent se manifester que bien après le développement et la commercialisation de celle-ci. Une firme court donc le risque d’innover pour rien, puisque si son produit ne séduit pas le consommateur il sera abandonné.

Les difficultés au niveau de la règlementation

L’autre grande difficulté qui se pose ici est l’instabilité réglementaire. Formuler « sans » ou bio peut s’avérer couteux et causer des pertes financières à une entreprise, si la substance mise à jour est finalement interdite ou remise en cause. Par exemple, récemment l’alerte sur l’utilisation du méthylisothiazolinone jette un doute sur une substance développée pendant des mois afin d’établir un nouveau mode de conservation “sans parabènes”. Seules les entreprises équipées d’une veille scientifique en interne ont pu voir que ces substances posaient des problèmes d’allergie et de sensibilisation depuis quelques années.

On le voit, formuler « sans » ou de manière innovante peut s’apparenter à un pari difficile sur l’avenir. Tout le problème réside dans une anticipation des futures interdictions que seule une veille minutieuse permettra d’identifier. Quelles substances risquent d’être interdites sur le marché dans un futur proche? On voit bien que l’exercice du formuler “sans” atteindra ses limites dans les années à venir, puisque les règlementations vont toujours dans le sens d’un durcissement. Mais il aura au moins permis aux entreprises qui s’y seront attelées de remettre en question leur approvisionnement en matières premières, leur processus de fabrication, de développer une veille technologique, de communiquer différemment auprès des consommateurs. Elles auront préparé, en quelque sorte, le terrain en cas de durcissement brutal de la règlementation.

Conclusion

Le REACH, à la lumière des parabènes n’a servi que de porte d’entrée à une réflexion sur les remises en cause multiples que le secteur endure quotidiennement. En effet, cette règlementation est restée relativement statique face au problème des parabènes. Néanmoins, nous sommes prêtes à parier qu’elle joue un rôle sur le processus de dépôt de brevet et d’innovation dans la chimie verte, les cosmétiques bios et les biotechnologies. Ces innovations peuvent prendre de multiples formes comme nous l’avons vu (innovation de packaging, de produits) et pèsent de plus en plus lourd. En effet, la part de brevet bio dans l’ensemble des brevets cosmétiques s’élève en 2004 à 15,5% et la même année, la part des brevets déposés dans la biotechnologie représente 5,1% du total des brevets déposés. Ces chiffres témoignent de l’importance croissance de la cosmétique bio et des biotechnologies en général.

Néanmoins, malgré les nombreuses remises en cause (environnement, santé) adressées à la pétrochimie et aux cosmétiques conventionnels ceux-ci restent dominants. Le paradigme ne semble pas venir à bout de souffle pour le moment surtout avec les nombreuses firmes qui ont choisi une trajectoire technologique intermédiaire à l’image de l’Oréal. Ce type de trajectoire permet de maintenir ce paradigme de la pétrochimie, mais en encourageant d’un autre côté l’émergence d’un nouveau paradigme plus respectueux de l’environnement. Aussi, l’émergence de nouveaux acteurs (jeunes pousses innovantes, trajectoires alternatives) sur le marché et la multiplication des innovations perturbent bien entendu l’industrie des cosmétiques, mais pas encore de manière assez convaincante pour parler d’un réel changement de paradigme.

Par Yuan Wang, promotion 2017-2018 du M2 IESCI

Annexes

 

  1. Chimie verte et ses principaux.

 

« La chimie verte a pour but de concevoir des produits et des procédés chimiques permettant de réduire ou d’éliminer l’utilisation et la synthèse de substances dangereuses » (« U.S. Environmental Protection Agency », 1991).

Les 12 principes de la chimie verte

 

1. Prévention : il vaut mieux prévenir que guérir au niveau du traitement des déchets

2. Économie d’atomes : les synthèses doivent être conçues dans le but de maximiser l’incorporation des matériaux utilisés au cours du procédé dans le produit final.

3. Synthèses chimiques moins nocives : les méthodes de synthèse doivent lorsque c’est faisable, être conçues de manière à être les moins toxiques pour l’homme et sans conséquences sur l’environnement.

4. Conception de produits chimiques plus sécuritaires : les produits chimiques doivent être conçus de manière à remplir leur fonction primaire tout en minimisant leur toxicité.

5. Solvants et auxiliaires plus sécuritaires : lorsque c’est possible, il faut supprimer l’utilisation de substances auxiliaires (solvants, agents de séparation…) ou utiliser des substances inoffensives.

6. Amélioration du rendement énergétique : les besoins énergétiques des procédés chimiques ont des répercussions sur l’économie et l’environnement dont il faut tenir compte et qu’il faut minimiser. Il faut mettre au point des méthodes de synthèse dans les conditions de température et de pression ambiantes.

7. Utilisation de matières premières renouvelables : lorsque la technologie et les moyens financiers le permettent, les matières premières utilisées doivent être renouvelables plutôt que non-renouvelables.

8. Réduction de la quantité de produits dérivés : lorsque c’est possible, toute déviation inutile du schéma de synthèse (utilisation d’agents bloquants, protection/déprotection, modification temporaire du procédé physique/chimique) doit être réduite ou éliminée.

9. Catalyse : les réactifs catalytiques sont plus efficaces que les réactifs stœchiométriques. Il faut favoriser l’utilisation de réactifs catalytiques les plus sélectifs possibles.

10. Conception de substances non-persistantes : les produits chimiques doivent être conçus de façon à pouvoir se dissocier en produits de dégradation non nocifs à la fin de leur durée d’utilisation, cela dans le but d’éviter leur persistance dans l’environnement.

11. Analyse en temps réel de la lutte contre la pollution : des méthodologies analytiques doivent être élaborées afin de permettre une surveillance et un contrôle en temps réel et en cours de production avant qu’il y ait apparition de substances dangereuses.

12. Chimie essentiellement sécuritaire afin de prévenir les accidents : les substances et la forme des substances utilisées dans un procédé chimique devraient être choisies de façon à minimiser les risques d’accidents chimiques, incluant les rejets, les explosions et les incendies

  1. Recherche par combinaison de champs.

 

 Recherche par combinaison de champs
Classe internationaleA61K 8 or A61Q
Code de l’officeEP
Description en françaisBIO or VERT or NATUREL or VEGETAL

 

°A61K 8 : COSMÉTIQUES OU PRÉPARATIONS SIMILAIRES POUR LA TOILETTE (Classification internationale des brevets (CIB), OMPI)

°A61Q: UTILISATION SPÉCIFIQUE DE COSMÉTIQUES OU DE PRÉPARATIONS SIMILAIRES POUR LA TOILETTE (CIB, OMPI)

°EP:Europe

°”BIO or VERT or NATUREL or VEGETAL”:ici c’est pour chercher plus précise les données de cosmétiques “bio” dans l’ensemble des cosmétiques.

Bibliographie

 

Sites internet

http://investissement-avenir.gouvernement.fr/

http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0203004100943

http://www.cosmetic-valley.com/page/presentation/chiffres-cles/

http://www.redressement-productif.gouv.fr/semaine-industrie/activites-industrielles/beaute-cosmetique

http://www.premiumbeautynews.com/fr/plus-de-methylisothiazolinone-dans,6279

http://www.cancer-environnement.fr/274-Perturbateurs-endocriniens.ce.aspx

http://www.observatoiredescosmetiques.com/pro/actualite/lactualite-des-cosmetiques/formuler-sans-une-source-d%E2%80%99innovations-2371

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/peut-on-vivre-sans-parabens_1015278.html

http://www.prodimarques.com/documents/gratuit/72/modele-oreal.php

http://www.agrobiobase.com/fr/dossier/cosm%C3%A9tique-vers-une-formulation-plus-verte

http://www.pierre-fabre.com/fr/cosmetique-sterile

http://www.consoglobe.com/soins-cosmetiques-uht-besoin-conservateurs-3298-cg

http://www.usinenouvelle.com/article/cosmetiques-biotechs-dites-moi-qui-est-la-plus-belle.N182318

http://labiotech.fr/cosmetologie/

http://www.premiumbeautynews.com/fr/greentech-affirme-son-expertise,6752

 

Collectes de données

Brevets cosmétiques : http://patentscope.wipo.int/search/fr/result.jsf

Brevets cosmétiques bio : http://patentscope.wipo.int/search/fr/result.jsf

Brevets biotechnologiques:

http://stats.oecd.org/?lang=fr&SubSessionId=fd59676d-3f23-471e-8ccf-6d215c0b4779&themetreeid=-200#

Chimie verte :

http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/espace-decouverte/tous-les-zooms/chimie-verte-chimie-du-vegetal-chimie-biosourcee

http://culturesciences.chimie.ens.fr/content/la-chimie-verte-1055#d0e74

Dépense intra-muros totale de R&D:

http://stats.oecd.org/?lang=fr&SubSessionId=fd59676d-3f23-471e-8ccf-6d215c0b4779&themetreeid=-200#

Personnel de R&D:

http://stats.oecd.org/?lang=fr&SubSessionId=fd59676d-3f23-471e-8ccf-6d215c0b4779&themetreeid=-200#

 

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