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Intelligence économique et pôles de compétitivités

L’information est la base même de l’intelligence économique et savoir la maitriser est devenu le moyen d’augmenter la compétitivité des entreprises. La mondialisation des marchés oblige les entreprises à s’adapter à de nouvelles pratiques qui mêlent concurrence et coopération.  L’enjeu actuel est donc l’anticipation des marchés futurs et des stratégies concurrentes via une information stratégique et donc une pratique de l’intelligence économique performante.

À l’heure où la collecte d’informations est toujours plus importante à tel point que la capacité de stockage  des données sur les Cloud reste une des recherches au mouvement continu. Les pôles de compétitivité eux aussi se développent toujours plus. Comme nous pouvons le voir avec les différentes Valley telles que celle de Bangalore en Inde, de Santiago au Chili, l’Israël Valley Etc… Le principe même de ces zones est de faire émerger des projets à une vitesse éclair, tout en sachant que si vous avez pensé à une idée cela veut dire que d’autres personnes dans le monde l’ont aussi eu. L’innovation est quelque chose de risqué. On ne sait pas forcément qui travaille sur le même développement, à quelle vitesse, et où.  Dans tous ces pôles la collecte d’informations au service de l’innovation reste indispensable.  Et c’est d’ailleurs l’une des raisons de l’existence de ces lieux, pour faciliter le partage d’informations, car la règle du marché aujourd’hui c’est la coopétition, afin de gagner du temps on collecte les données nécessaires sur ses concurrents et on modifie ses stratégies en fonction des connaissances acquises. L’intelligence économique trouve donc une place primordiale au sein de l’innovation. Car elle consiste en la collecte, à l’analyse et au traitement de l’information afin de créer des connaissances utiles aux stratégies des entreprises.

Qu’est-ce que l’intelligence économique ?

L’intelligence économique, c’est savoir anticiper plutôt que de s’adapter à des situations.  Pour cela on retrouve cette pratique sous deux formes distinctes,  la manière offensive avec la collecte, l’analyse, le traitement de l’information. Et la manière défensive qui assure la protection, la diffusion et l’utilisation des données. On parle aussi de mode d’action et de mode de pensée. L’influence et le réseau jouent un rôle primordial lors de stratégies compétitives, pour dissuader de nouveaux entrants par exemple. Il est important donc de se réunir pour échanger, penser et évoluer ensemble. Pour cela il faut croiser les informations et agir en amont. C’est pourquoi on parle du paradoxe de l’intelligence économique car elle trouve son équilibre entre « le partage et le secret », et qu’on parle de compétition tout en coopérant, d’où le terme de coopétition. Ce domaine d’application engendre donc une veille stratégique, qui comprend différentes formes de veilles qui sont :

  • La veille concurrentielle
  • La veille commerciale
  • La veille technologique
  • La veille environnementale

La gestion et la protection de l’information sont décisives pour que chaque information récoltée puisse devenir un avantage compétitif.

Les données font partie intégrante de la richesse du patrimoine, il est donc important de savoir les protéger en temps voulu. Les brevets permettent une protection pendant un certain temps, en contrepartie l’État partage l’information de ce brevet afin que tout agent économique dispose de la même information.  Les partenariats peuvent aussi protéger certaines des innovations.

L’intelligence économique au service de l’innovation.

« L’innovation est une nouvelle idée qui défie l’ordre présent ou une approche différente perçue comme nouvelle par les individus concernés »[1]. Force est de constater qu’avec la mondialisation des échanges et toutes les nouvelles technologies présentent sur le marché, l’information devient l’un des outils les plus importants pour produire, innover et vendre. Il s’agit d’une ressource immatérielle de plus en plus facile à obtenir, mais ce n’est pas pour autant que la difficulté d’analyse est moindre. Le nombre de données est si important que l’analyse en est compliquée.  D’où l’intérêt des espaces de co-working, des meetings entre les différentes start-up etc. dans ces endroits tout type d’information est échangé et chacun les utilisent au bon fonctionnement de leur stratégie. « Il faut pour innover savoir ce que font les autres »[2]. Ce qui fait l’avantage comparatif c’est l’innovation et pour innover il y a un besoin d’informations et de connaissances. Autrement dit le système d’innovation est un « processus informationnel », des connaissances sont intégrées, interprétées, suite à des analyse prospectives, utilisées et transférées.

Le travail d’équipe est un complément de la veille stratégique qu’opère chaque entreprise dans son organisation.

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« Le rôle de la veille est de nourrir les processus d’innovation en informations exploitables pour appliquer de nouvelles technologies ; créer de nouveaux produits pour les marchés actuels et créer de nouveaux produits pour de nouveaux marchés. »[3]

Pour innover on a besoin du travail de groupe et d’une diffusion parfaite du partage de l’information.

L’intelligence économique est donc un soutien à l’innovation. En raison de la nouvelle forme d’économie qu’est l’économie de la connaissance, la pratique de l’intelligence économique est un élément majeur pour l’accroissement de la compétitivité, particulièrement dans les pôles de compétitivité comme la Silicon Valley. Cette dernière leur permet de se positionner de manière juste sur le marché, d’être compétitif et d’innover en récoltant des informations stratégiques, en protégeant le patrimoine, en suivant ses actions (feedbacks) ou encore en partageant ses informations.

Les pôles de compétitivité sont donc des facteurs importants dans la pratique de l’intelligence économique, ils sont les premiers à diffuser la plus importante quantité d’informations à forte valeur ajoutée.

Par Noémie Cohen, M2 IESC promotion 2016-2017

Sources :

Ouvrage :

  • COUTENCEAU Christian, L’intelligence économique au service de l’innovation, Ed. Eyrolles, 2014

Autres :

  • MONINO Jean-Louis, L’information au cœur de l’intelligence économique stratégique, Réseau de recherche sur l’innovation (RRI), 2012.
  • MOTHE caroline, Intelligence économique et innovation, Universités IAE Savoie Mont blanc.
  • POGGI Norra, Mattermark, la start-up qui construit un Google de l’intelligence économique, 25 mars 2016-09-20
  • L’intelligence économique au servie des pôles de compétitivité. competitive.gouve.fr
  • Table ronde « innovation et intelligence économique », 8 juin 2007.

[1] Reix, 2004.

[2] Jakobiack, 1992.

[3] Martinet et Ribault, 1989.

Admin M2 IESC

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