Guinée – L’intelligence économique, une solution pour le développement

Après son indépendance en 1958, la Guinée a connu de profondes mutations économiques et politiques. De mauvaises gouvernances ont empêché le développement économique du pays et ont freiné tous les secteurs porteurs de croissance.

L’économie guinéenne reste très instable et dépendante du secteur minier (exploitation des minerais de bauxite principalement) et de l’agriculture. Les régimes et différents gouvernements qui se sont succédés ont certes définit des politiques économiques visant à améliorer le bien-être de la population en termes de justice sociale, de solidarité nationale, de réduction des inégalités sociales et d’amélioration du niveau de vie des populations, mais ne les ont jamais vraiment mis en œuvre, résumant leurs actions à des discours, débats politiques et fausses promesses. Au contraire, les politiques appliquées ont précipité la Guinée dans la pauvreté, la mauvaise gouvernance, l’injustice et la division sociale, qui sont aujourd’hui un fléau pour le pays, empêchant son envol économique et social.

Pour rectifier ce problème, interne au pays, le pouvoir doit prendre un ensemble de décisions stratégiques, en vue d’atteindre des objectifs de développement tenant compte de tous les acteurs socio-économiques. Pour ce faire, le premier principe à mettre en œuvre est l’indépendance des pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. En effet, le respect de ce principe républicain fondamental permet de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice des missions souveraines. Chaque pouvoir exerce strictement ses missions sans aucune pression de la part des deux autres pouvoirs. Chaque institution est obligée d’exercer ses missions dans le respect de la loi et des principes de la république.

Dans ce contexte, nous définirons et caractériserons les différents systèmes d’Intelligence Economique, qui pourraient accompagner l’Etat et les entreprises dans leurs prises de décisions stratégiques afin de développer le pays. Parallèlement, nous présenterons les enjeux économiques, sociaux et environnementaux propres à la Guinée. Notre ambition n’est cependant pas de critiquer les différents gouvernements mis en place dans le passé, mais d’apporter des solutions efficaces pour un développement durable du pays. Pour cela, nous étudierons la sphère économique du pays dans sa globalité, car la Guinée dispose de plusieurs secteurs économiques porteurs de croissance dont le développement et la bonne gestion pourraient être un moteur de croissance.

L’intelligence économique, un mode de gouvernance pour la Guinée

L’intelligence économique est une nouvelle forme de gouvernance basée sur la maîtrise et l’exploitation des informations stratégiques dans le but d’augmenter l’efficacité économique du pays et des entreprises. Elle utilise des informations fiables issues de sources ouvertes, se distinguant de l’espionnage économique, informatique ou industriel. L’appropriation des informations se fait par des moyens légaux et licites. L’Intelligence économique implique, pour les pays et pour les entreprises, une gestion active des réseaux, des partenariats et des concurrents. La notion de coopétition, métissage entre compétition et coopération, concerne tous les acteurs économiques du développement d’un pays et d’une entreprise.

L’intelligence économique est un mode de gouvernance mettant en relation tous les acteurs économiques, permettant à l’Etat de s’organiser et de penser différemment afin de définir des stratégies économiques et politiques appropriées, et veillant au bon fonctionnement du réseau dans le but de promouvoir l’emploi, l’innovation et d’augmenter la croissance économique.

En Guinée, la pensée « intelligence économique » est nouvelle, mais elle pourrait devenir un moyen efficient pour atteindre des objectifs ambitieux de développement. Et alors que les hommes d’Etat et hommes politiques contemporains critiquent le gouvernement en place ou se retranchent sur le passé, divisent pour mieux régner ou mettent en avant leur intérêt personnel au détriment de l’intérêt général, de l’intérêt du peuple, il est nécessaire que le gouvernement réagisse en s’orientant vers un système pérenne menant au développement du pays, à la justice sociale, à la solidarité nationale, à la réduction des inégalités sociales et à l’amélioration du niveau de vie des populations. Or, l’essor attendu des nations africaines, principalement de la sous-région ouest-africaine, sera d’autant plus grand, équitable et pérenne que les stratégies définies prendront en compte l’ensemble des acteurs économiques, ce dont se préoccupent les systèmes économiques globaux définis par l’intelligence économique. En effet, les systèmes d’intelligence économique prennent en compte dans leur analyse toutes les entités économiques : gouvernement, institutions, système éducatif, entreprises, organismes et associations, dans le but de les amener à travailler en symbiose et à échanger des informations utiles pour les décisions stratégiques d’ordre nationales. Chacune de ces entités a une importance capitale dans le développement économique d’une nation, aucune ne doit-être négligée. Ainsi, observons et analysons le schéma ci-dessous tout en montrant le rôle de chaque entité.

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Ce modèle organisationnel d’intelligence économique, où le gouvernement joue un rôle central, demande une synergie entre les acteurs économiques, qui ont tous un rôle important dans le développement socio-économique de la nation. Dans un pays comme la Guinée, l’Etat doit mettre en place un système de coordination et de contrôle des activités entre entités économiques, tout en s’assurant du bon fonctionnement de tous les organes qui régissent ces entités. Chaque entité doit fournir des informations utiles et effectuer des rapports de synthèses stratégiques participant à la prise de décisions nationales. D’autre part, l’Etat doit mettre en place des institutions fortes et veiller à l’application des lois de la République. Pour cela, l’Etat doitêtre exemplaire dans le respect des lois et doit assurer une stabilité politique.

Le rôle du gouvernement

Le Gouvernement, composé de différents ministères, joue un rôle central : celui de communiquer, d’échanger et de faire participer les acteurs économiques dans le développement du pays. Il doit s’assurer qu’aucun acteur n’est mis à l’écart dans le fonctionnement du système. Pour ce faire, des bases de données nationales, recensant toute la population et les activités primaires, secondaires et tertiaires, doivent être mises en place. La première base de données permettrait de gérer le répertoire national d’identification des personnes physiques et le fichier électoral. Tandis que la deuxième base de données servirait à immatriculer toutes les entreprises et tous les établissements exerçant leurs activités sur le territoire national. Ces bases de données faciliteront, à l’Etat, l’accès aux informations économiques, financières et statistiques du pays. La première base de données doit être réservée à l’Etat et utilisée à bon escient, car elle regroupe des informations relatives à des personnes physiques et au fichier électoral. Elle permettrait de produire des études statistiques sur la société guinéenne (naissances, décès, éducation, emploi, revenus, conditions de vie) et sur les guinéens expatriés (étudiants, cadres, diasporas,…). La deuxième base de données, quant à elle, doit être publique et accessible à tous pour éclairer la population et ses représentants sur la situation économique du pays. Elle doit permettre aux acteurs économiques de comprendre l’évolution des comptes nationaux, de collecter des données et de réaliser des études nationales et régionales sur l’économie, et en particulier sur la conjoncture, la situation et la vie des entreprises.

Par ailleurs, pour assurer le développement du pays, l’Etat doit définir des politiques d’encouragement, de financement et d’investissement. Il peut, par exemple, mettre en œuvre une politique économique visant à attirer les bailleurs de fonds et les investisseurs étrangers, ou à encourager les entrepreneurs nationaux à investir dans les domaines porteurs de croissance.

Le rôle de l’éducation

L’Etat doit promouvoir et financer l’éducation dans toutes les régions, à travers la construction d’établissements (écoles et universités), la formation et l’emploi d’enseignants,… . Il doit investir massivement dans la formation des jeunes en créant des écoles, des universités, des centres d’apprentissage (professionnel), des centres culturels et artistiques,… . Les programmes d’études doivent être révisés afin d’être adaptés aux besoins des entreprises, actuelles et futures, qui participeront au développement du pays. Le gouvernement doit également mettre en place des mesures d’accompagnement afin d’encourager les jeunes à s’intéresser pleinement à leur avenir professionnel, en finançant par exemple des campagnes promouvant l’éducation, et de favoriser l’entreprenariat.

Le système éducatif doit également prendre en compte dans ses priorités la R&D (recherche et développement) publique, car c’est l’un des facteurs clés du développement économique et scientifique des pays développés. D’autre part, il peut être intéressant d’encourager des échanges avec des universités étrangères afin de favoriser l’échange de connaissances.

Le rôle des entreprises et organismes privés

Une politique d’investissement doit être mise en place pour attirer les investisseurs guinéens et étrangers. L’Etat pourrait par exemple réduire les taxes pour les entreprises souhaitant s’implanter dans des régions moyennement ou peu dynamiques et leur demander en contrepartie de participer au développement local de la ville, en incluant une clause de respect des populations et de l’environnement. L’Etat doit également encourager les entreprises déjà installées à s’impliquer dans l’éducation et la formation des jeunes, et à créer des relations étroites avec les universités.

Les entreprises doivent, quant à elles, s’impliquer activement dans le développement du pays, développer des réseaux d’entreprises de même secteur d’activités et des partenariats nationaux et internationaux,… . L’Etat, de son coté, doit ouvrir les marchés et assurer la coopération et la stabilité politique.

Le rôle de l’armée et de la police

L’armée et la police doivent avant tout être administrées, sans quoi elles ne peuvent constituer une force nationale. L’armée et la police ont des missions complémentaires et jouent un rôle très important dans la sécurité et la défense du pays. Tandis que l’armée a pour mission de défendre l’Etat (territoire et population), la police doit assurer la sécurité de chaque citoyen en protégeant ses droits et ses biens.

En Guinée, le rôle de l’armée et surtout celui de la police ont tendance a être négligé. Pourtant, ces institutions servent l’intérêt du peuple et de l’Etat, elles assurent la sécurité et la défense nationale, et disposent de mines d’informations stratégiques, qu’elles partagent avec le service des renseignements généraux. Ce service a pour rôle de renseigner l’Etat et son gouvernement sur les attaques pouvant provenir de l’extérieur, sur les conflits sociaux et sur l’opinion populaire, mais également de surveiller les hommes politiques, les journalistes ainsi que les responsables économiques et sociaux. Ces informations doivent cependant être utilisées pour le développement socio-économique du pays uniquement, et non à des fins malintentionnées ou personnelles.

Par ailleurs, l’armée et la police doivent être restructurées. Elles doivent former leurs hommes et recruter des individus avec un niveau d’études approprié. Des écoles militaires et de polices doivent être créées pour former des officiers et des cadres dans l’armée et la police.

Le rôle des associations syndicales et non gouvernementales

Les associations syndicales et ONG s’engagent dans l’accompagnement de l’Etat. Elles œuvrent à l’amélioration, l’entretien et la mise en valeur des biens publics. Elles gèrent, conjointement au gouvernement, les problèmes environnementaux et les risques naturels ou sanitaires que rencontrent le pays. Elles préservent, restaurent ou veillent à l’exploitation des ressources naturelles. Elles recueillent des informations sur le terrain, les exploitent et les analysent afin de les diffuser pour informer ou sensibiliser la population. Elles assurent le dialogue entre l’Etat et la population dans une optique de développement socio-économique. Elles renforcent et dynamisent le tissu social, s’opposant à toute division ethnique ou sociale.

Le rôle des organismes externes

Les organismes externes d’appui viennent en aide et renfort pour le développement du pays. Ils intègrent un processus de coopération nationale et régionale dans le but d’adhérer aux mécanismes politiques qui ont pour finalité la consolidation des relations bilatérales ou multilatérales. Leurs actions contribuent au développement économique, financier, culturel et politique du pays. Pour ce faire, l’Etat doit les responsabiliser dans la gestion de certaines affaires publiques car ils sont capables d’apporter des outils intéressants et de développer des infrastructures pour le bien de la nation.

Néanmoins, seule l’organisation en synergie des entités économiques, le partage et la maîtrise des informations stratégiques peuvent faire correctement fonctionner les acteurs du développement.

L’intelligence économique territoriale, une nouvelle forme d’organisation en Guinée

La Guinée, contrairement aux autres pays de la sous-région ouest africaine, possède un sol riche en minerais (bauxite, diamant, or, fer, zinc, manganèse, uranium, …) et en pétrole. Ces ressources naturelles, présentes en quantité importante, sont réparties équitablement dans toutes les régions du pays, mais sont quasiment inexploitées. D’autre part, l’agriculture, l’élevage et la pêche réservent de grands potentiels. La terre est très fertile et accepte toute sorte de culture. Malheureusement, aucune politique économique efficace, visant à exploiter et à gérer durablement et équitablement toutes ces ressources, n’a jusqu’à présent vu le jour. La gestion des ressources naturelles déjà exploitées n’est pas transparente, aucune redistribution financière n’a été réalisée. Pourtant, le pays a grandement besoin d’investissements dans l’éducation et la santé notamment. Les retombées financières sont destinées à satisfaire les lobbies industriels et politiques, guinéens et étrangers. L’intérêt du peuple, et du pays, n’est aucunement pris en compte.

Par ailleurs, la situation géographique de la Guinée constitue un atout stratégique pour le pays. Elle pourrait constituer une force non négligeable de compétitivité régionale et territoriale, si l’Etat jouait son rôle en concevant des stratégies (géostratégies) adaptées pour renforcer sa politique économique et territoriale. Chaque région, chaque ville ou communauté d’agglomérations, pourrait également développer ou renforcer sa spécialisation dans un secteur d’activités qui lui est propre. Les collectivités locales, associations, entreprises et repentants régionaux devraient être impliqués dans le développement de la région, et le gouvernement devrait assurer le suivi et le financement de ces activités novatrices.

Spécialisation des régions et des villes pour accroitre la croissance économique

La Guinée possède quatre régions indépendamment de la capitale. Chacune d’entre elles sont riches en ressources naturelles diversifiées et possèdent différentes activités, qui devraient les rendre attractives et permettre leur développement.

Afin d’apporter un axe d’analyse et de conseil au sujet de la spécialisation des villes et des régions, nous allons définir, dans notre analyse, des stratégies à destination de l’Etat.

En Guinée, l’Etat doit mobiliser l’ensemble des acteurs économiques pour une croissance économique durable et inclusive, en incitant les régions à adopter des modèles économiques adaptés à leurs atouts et en renforçant les synergies existantes dans le but de se développer. Il doit par ailleurs créer un organe chargé d’accompagner et de financer les entrepreneurs locaux, les TPE et PME. Dans chaque région et chaque ville, l’Etat doit faire de sorte que toutes les activités soient soumises à un contrôle équitable. Toute entreprise, quelle que soit sa taille, doit être enregistrée auprès des représentants locaux et régionaux afin d’être connue de l’Etat. Les taxes et les impôts devront alors être définis en fonction des barèmes d’imposition (fiscale) et du revenu des entreprises et des individus. En contrepartie, l’Etat devra alors financer des services et infrastructures publics concernant la santé (hôpitaux, centres de santé, …), l’éducation, le transport, la culture et la sécurité des personnes et des biens publics.

L’avantage de la spécialisation des régions réside dans le fait que chaque région se développe dans les activités qui lui sont rentables en termes de développement économique ; la complémentarité de leurs activités permettant d’engendrer de nombreux flux bénéfiques pour leur développement. De nombreuses entreprises locales se développeront et des entreprises étrangères viendront s’installer. L’emploi des jeunes augmentera au sein des entreprises, de même que l’entreprenariat, réduisant ainsi l’exode rural et la fuite des jeunes vers l’étranger. De plus, cette politique augmenterait la croissance économique, réduirait le chômage et renforcerait l’efficacité des acteurs économique.

Développement économique des secteurs : industrie, agriculture, tertiaire

Dans cette partie, nous analyserons les trois grands secteurs économiques de la Guinée, que sont l’industrie, l’agriculture et le tertiaire, et nous proposerons des stratégies appropriées pour les relancer.

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Le Secteur industriel souffre de plusieurs problèmes politiques, économiques, sociaux et environnementaux, malgré l’existence de nombreuses ressources naturelles quasiment inexploitées. Ce secteur, tiré par l’exploitation des mines de bauxite principalement, représente près de 70% de l’économie guinéenne, mais n’agit malheureusement pas en support économique pour le développement des autres secteurs. Les revenus de ce secteur sont en effet mal gérés : ils servent des intérêts personnels. Le développement efficient et équitable de ce secteur et la redistribution égale des revenus permettraient aux guinéens de sortir de la pauvreté. Néanmoins, pour fortifier le secteur, des solutions sont possibles. Tout d’abord, le code minier doit être révisé pour rendre à l’Etat la gestion, l’exploitation et la commercialisation de ces minerais. Pour cela, l’Etat pourrait dans un premier temps négocier avec des investisseurs nationaux ou étrangers la construction d’une usine de transformation des matières premières et confier leur extraction à des entreprises nationales. Ce serait le seul moyen de permettre au pays de retrouver l’indépendance de ses ressources minières. Il pourrait ainsi fixer leur prix, leur rendant leur vraie valeur. Les négociations seront gagnant-gagnant.

Le Secteur agricole, qui représente près de 20% de l’économie guinéenne, devrait être le socle de l’autosuffisance alimentaire, car le pays dispose de nombreuses terres cultivables et fertiles. L’agriculture, l’élevage, la pêche et la forêt réservent d’énormes potentialités. De plus, la Guinée, parfois désignée comme étant le « château d’eau » de l’Afrique de l’ouest, dispose d’un abondant potentiel hydrographique, qui pourrait satisfaire les besoins du pays en termes d’eau et d’électricité. Le climat, fondé sur deux saisons équitables (six mois de pluies et six mois de saison sèche), autorise des cultures tout au long de l’année. Tout ou presque est cultivable en Guinée : riz, tomates, oignons, café, cacao, bananes, melons, pommes de terre, fonio, maïs, … Les produits récoltés sont vendus à l’extérieur du pays, notamment aux pays voisins. Cependant, aucune politique économique n’est définie pour favoriser l’autosuffisance alimentaire. La Guinée exporte presque toutes les denrées alimentaires qu’elle produit, notamment le riz, alors qu’elle importe de pays asiatiques comme la Chine et l’Inde ces mêmes denrées pour satisfaire les besoins de sa population. Ainsi, le peuple guinéen favorise par exemple le riz chinois importé au riz cultivé sur le territoire guinéen. Le secteur agricole est le domaine qui a certainement le plus souffert, il est totalement désorganisé. Pour être relancé, il nécessite un financement important et une gestion rigoureuse. Pour cela, l’Etat doit définir des politiques économiques favorables au développement agricole, visant à favoriser les flux et la consommation sur le territoire national des denrées locales, en affaiblissant par exemple l’exportation de ces mêmes produits vers l’extérieur du pays. Il doit investir massivement dans la production du riz, qui constitue l’aliment de base principal en Guinée, mais également dans d’autres productions, tels que le maïs ou le fonio, qui peuvent constituer une alternative à la consommation de riz. Pour développer ce secteur, l’Etat doit investir dans la création de formation d’ingénieurs agronomes et accompagner le développement d’associations et regroupements d’agriculteurs, de maraichers, de pêcheurs et d’éleveurs dans toutes les régions du pays. Ces groupements permettront de créer des interlocuteurs auprès desquels travaillerons, en étroite relation, des ingénieurs agronomes, qui assureront la définition et le suivi de plans stratégiques élaborés pour relancer le secteur et rendront compte à l’Etat de l’évolution du secteur. La gestion et l’organisation du secteur reviendra au ministère de l’agriculture et de l’élevage. D’autre part, l’Etat pourrait étudier la possibilité d’employer les agriculteurs en tant que fonctionnaires afin de contrôler le secteur pour l’aider à parvenir à répondre au besoin du pays.

Par ailleurs, l’Etat doit développer des infrastructures de transport, ferroviaire et routier, pour faciliter la libre circulation des biens et des personnes à l’intérieur du pays. A l’extérieur du pays, il doit définir des politiques commerciales favorables non seulement à la Guinée mais aussi aux partenaires étrangers. Ces politiques doivent encourager les investisseurs étrangers à investir dans le domaine agricole en construisant, par exemple, des usines de transformation des produits en produits finis (exemple : usine de jus de fruits). Il doit mettre l’accent sur tous les domaines qui composent le secteur agricole pour rehausser la croissance économique du pays.

Le Secteur tertiaire, qui représente près de 10% de l’économie guinéenne, échappe en grande partie au contrôle de l’Etat. En effet, de nombreuses entreprises ne sont pas immatriculées auprès du ministère de l’Industrie et du Commerce, ou si elles le sont, c’est leurs activités qui ne sont pas déclarées. Un nombre considérable d’entreprises commerciales ne payent pas de taxes auprès de l’Etat. Les grandes entreprises négocient les taxes auxquelles elles sont assujetties. Aucune politique de contrôle efficace n’est mise en place pour vérifier et réorganiser ce secteur. L’Etat doit donc, avant tout, prendre des décisions stratégiques pour réformer totalement ce secteur, fixer des lois pour limiter certains abus et mettre en place un contrôle efficient. Pour cela, il peut par exemple provoquer la création d’un organe de contrôle et de suivi dont l’action serait appliquée à la création et l’immatriculation des entreprises. Un second organe contrôlerait le commerce de biens et de services, veillant nomment sur la fixation des prix et sur la qualité. Il réglementerait le commerce.

Par ailleurs, l’Etat doit encourager le développement de certaines activités tertiaires pour permettre à la population de produire et de consommer localement : mécanique automobile, menuiserie, charpente, fabrication de meubles, … Ces activités doivent néanmoins être réglementées.

L’Etat doit d’autre part responsabiliser les représentants locaux, qui jouent un rôle important auprès des entreprises, quelle que soit leur taille (TPE, PME ou grande entreprise), et leur demander notamment de recueillir des informations qui lui permettront de prendre des décisions en vue d’aider et d’accompagner les entreprises locales.

Forces et Faiblesses, Opportunités et Menaces

Les enjeux auxquels la Guinée devra faire face dans son processus développement économique sont classés dans le tableau SWOT (Forces et Faiblesses, Opportunités et Menaces) présenté ci-dessous.

Le but de l’Etat et de son gouvernement est de transformer les faiblesses présentées ci-dessous en forces et les menaces en opportunités. La maîtrise de ces enjeux sera un moteur de croissance économique. La Guinée deviendra le carrefour des économies des pays de la sous-région de par ses ressources potentielles, et sera exposée à une compétitivité régionale et internationale.

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Ce tableau reflète la situation réelle de la Guinée. Les couples Opportunités/Menaces et Forces/ Faiblesses ne favorisent pas le développement économique du pays. L’Etat a pour devoir d’inverser ce déséquilibre, transformant ses faiblesses en forces et ses menaces en opportunités, afin de faire de la Guinée un pays puissant et économiquement fort.

Conclusion

Les systèmes d’intelligence économique, faisant appel à une organisation en synergie des entités et acteurs économiques, permettent d’améliorer leur fonctionnement et ainsi d’augmenter l’efficacité économique du pays. Les informations et les connaissances doivent être au centre du développement économique. Les entités, les acteurs économiques et l’Etat doivent communiquer dans le but d’atteindre les objectifs fixés pour le développement. L’Etat doit surtout définir des modèles économiques appropriés aux besoins de la nation. Pour que ces politiques économiques fonctionnent, il faut qu’elles soient définies en fonction du niveau de vie des individus, de la population.

L’Etat guinéen doit imaginer des politiques économiques adaptées au développement du pays. Une politique économique copiée d’une autre nation sans adaptation à l’environnement socio-économique du pays ne fonctionnera pas. Cependant, il peut être intéressant de s’inspirer des politiques économiques des autres pays et d’étudier les conséquences de leur adaptation à la Guinée. En effet, savoir s’inspirer des autres pour mieux développer sa propre stratégie, notamment en l’absence de politique stratégique, est une des forces de l’intelligence économique.

Hasmiou DIALLO, étudiant promotion 2015-2016 du M2 IESC

Bibliographie

« Guinée » – Perspectives économiques en Afrique.

http://www.africaneconomicoutlook.org/fr/notes-pays/afrique-de-louest/guinee/

« Intelligence économique en Guinée » – Africa Diligence Strategic Intelligence.

http://www.africadiligence.com/tag/intelligence-economique-en-guinee/

« NECOTRANS vs BOLLORE : duel pour le contrôle du Port de Conakry » – Intelligence économique, France 24.

http://www.france24.com/fr/20110709-2011-07-09-0410-wb-fr-intelligence-eco

« L’Afrique prend son avenir économique en main » – Master IESC- Angers, Ibrahima DIALLO, 2013.

http://master-iesc-angers.com/lafrique-prend-son-avenir-economique-en-main/

« Guinée, principaux indicateurs économiques » – COFACE.

http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Guinee

« Guinée, le contexte économique » – Expert-comptable international.

http://www.expert-comptable-international.info/fr/pays/guinea/economie-3

« L’agriculture en Guinée à l’aube de l’an 2000 » – Afrique, Histoire, économie et politique.

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/agriculture-a.htm

Admin M2 IESC